interview: Interview avec Tokio HOTEL

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interview: Interview avec Tokio HOTEL

Message  Miss BK le Lun 20 Oct - 3:53

Interview avec Tokio HOTEL


Le cinquième membre non officiel de Tokio HOTEL me salue immédiatement avec enthousiasme et sans détours, léchant ma main droite avec empressement. Ok, normalement je n'établis pas un contact aussi proche avec mes partenaires d'interview, mais pour Pumba, je fais bien sûr une exception. Le bulldog de Bill Kaulitz est d'autant plus déçu de ne pas pouvoir assister à la suite de l'entretien, parce qu'une jeune femme va le sortir pendant ce temps. Il quitte la suite du Ritz Carlton avec réticence, pendant que Bill et Tom Kaulitz, Georg Listing, Gustav Schäfer et moi nous installons sur les canapés. « Il n'aime pas sortir avec d'autres personnes, d'habitude il me suit tout le temps », m'explique Bill, regardant encore un moment son petit ami s'en aller, les oreilles pendantes. Mais le moral des autres membres du groupe reste intact. Des canettes de Red Bull sont ouvertes dans un sifflement, afin de combattre l'approche du sommeil (Tom à Georg : « Tu ne vas pas le verser dans un verre, si ? » Georg : « Si, je me prépare un beau petit verre ! » Santé !). Après quelques années au calme, les choses sont se précipitent à nouveau dans la Maison Tokio Hotel. Je me réjouis donc qu'ils aient pris le temps de s'entretenir avec moi. De préférence sur ce que le groupe aime le plus – la musique !

J'ai suivi avec beaucoup d'attention ce qu'il s'est passé sur votre profil Facebook ces dernières semaines. Il y a bien sûr eu beaucoup d'excitation lorsque l'on a pu entendre les premières chansons, et à quel point votre son a changé. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir si vous-mêmes ressentez ce changement comme très radical ? Était-ce plutôt un processus lent ou la décision consciente d'aborder les choses différemment ?
Tom : La décision n'était pas vraiment consciente, mais nous admettons que c'est à présent très différent de ce que nous faisions auparavant. Et si l'on compare cet album avec notre deuxième, par exemple, l'écart est encore plus grand. Avec « Humanoid », nous avons déjà commencé à faire des choses différentes, nous avons expérimenté avec les synthétiseurs et la programmation. Nous avons simplement poussé cela plus loin cette fois-ci. Pour nous, il s'agit bien sûr d'un processus et d'une évolution, qui s'est produite sur une longue période.
Bill : Après le dernier album, nous ne pouvions plus continuer comme ça. Je n'avais absolument plus d'inspiration, nous ne savions pas ce que nous voulions faire musicalement. Évidemment, nous aurions pu encore réaliser un album semblable. Mais nous avions passé tellement de temps en tournée et devions d'abord retrouver de l'inspiration. Être authentique et rester fidèle à soi-même implique, selon moi, de poursuivre son évolution et ne pas simplement livrer ce que les fans veulent entendre. Je voulais faire un disque que j'écouterais moi-même à la maison.
Tom : Beaucoup d'artistes abordent cela différemment. Si l'on prend par exemple Avril Lavigne ; cette femme va sans doute sur ses 40 ans et fait toujours le même rock pour adolescents qu'elle faisait quand elle avait 16 ans. Et elle le fait parce qu'elle sait exactement que c'est son public-cible, que ses fans aiment cela, et elle fera donc ça pour le reste de sa vie. Elle est fidèle à son art – mais je me permets de douter qu'elle aime encore cela. Nous savions que nous ne voulions pas nous arrêter quelque part. Nous avions aussi cette niche de fans qui adorait ce que nous faisions. Mais nous n'avons pas décidé de rester là, pour maintenir durant toute notre vie les mêmes acheteurs et servir nos fans. Nous voulons rester fidèle à nous-mêmes en faisons ce que nous désirons. Cela ne veut pas dire que nous ne trouvons pas nos anciens disques géniaux – pour l'époque. Nous avons fait beaucoup de musique, et en faisons tous les jours, et elle change. Nous ne voulons pas rester bloqués quelque part.

Je trouve ça tout à fait compréhensible, surtout étant donné que vous avez commencé si tôt. Personnellement, je n'aime plus non plus tout ce que j'adorais quand j'avais 16 ans...
Bill : Tout à fait, on développe un goût totalement différent, et la vie a changé dans les cinq ans qui se sont écoulés depuis notre dernier album. On écoute une autre musique ; c'est le cas de tout le monde. Pour moi, il est très important de faire ce que j'ai envie de faire au moment-même. Il est possible que je me dise dans deux ans « Je n'aime plus du tout la musique électronique, je veux faire un album complètement différent... » Ce qui est important, c'est que ça soit authentique. Que l'on n'essaye pas de produire uniquement ce que les gens attendent de nous. Je pense que c'est le seul moyen d'avoir du succès : d'aimer ce qu'on fait et de pouvoir le défendre à 100%.

Il faut dire aussi que nous parlons là d'une transformation assez progressive. Votre musique était auparavant déjà plutôt mélodieuse, empreinte de la musique pop.
Bill : Exactement ! Je trouve ça aussi amusant. Certaines personnes écrivent maintenant que nous étions plus « rock » avant. Mais à l'époque, personne ne disait que ce que nous faisions, c'était du rock ! (rires) Tout d'un coup, tout le monde considère que nous avions avant des lignes de guitare géniales ; mais personne ne parlait de ça à l'époque !
Tom : Avant, nous espérions que les gens disent ça de nous !

Quand vous écrivez vos chansons, quand ajoutez-vous la partie musicale ? Il y a toujours une mélodie dès le début, je pense.
Tom : L'écriture des chansons a été très différente, cette fois-ci. Nous avons d'abord eu quelques sessions avec des producteurs et des paroliers. Nous avons un peu composé, mais cela ne nous a pas semblé juste. Cela ressemblait trop à l'album précédent. Nous avons encore essayé un peu, mais après un moment, Bill et moi nous sommes regardés et avons décidé que ça n'allait pas dans la bonne direction. J'ai dit à Bill : « Construisons un studio chez nous et faisons tous les jours de la musique, comme nous en avons envie. »
Bill : Au début, c'était frustrant, parce que personne ne comprenait ce que nous voulions. Nous n'avancions pas, parce que nous voulions d'abord essayer des choses, et personne ne comprenait cela. Et c'est de cette frustration que personne ne savait ce que nous devions faire que nous avons décidé de le faire nous-mêmes.
Tom : La première chanson que nous avons écrite pour l'album était « Stormy Weather » ; et notre processus d'écriture était à l'époque déjà très différent. Je n'ai pas commencé par enregistrer la guitare, jouer avec Bill et créer une chanson à partir de là ; mais j'ai d'abord composé la piste musicale. J'ai d'abord joué du synthétiseur et pas de la guitare, c'est ce qui me semblait naturel. Je n'avais pas du tout le sentiment de devoir d'abord sortir un chouette riff. Au final, j'avais composé la partie musicale et nous écrivions la mélodie vocale par-dessus.
Bill : Exactement, c'est comme ça que nous avons travaillé la plupart du temps. En fait, Tom avait presque toujours des pistes musicales produites, sur lesquelles nous avons ensuite développé les chansons. Il adore travailler en studio, je dois dire que ce n'est pas vraiment mon cas. Tom reste dans le studio du matin au soir et fait un vrai bazar. En général, j'arrive quand il a presque terminé.
Tom : A l'étape suivante de la production, nous avons enregistré nos instruments live. C'était aussi important pour nous, parce que nous voulions avoir ce son particulier. Nous ne voulions pas faire un album de DJ. C'était très agréable d'ajouter cet aspect-là.
Bill : Une chanson comme « Girl Got A Gun », par exemple, commence de façon purement électronique, et dans la partie « C », la batterie live est introduite. Nous avons ajouté cela plus tard, quand nous sommes allés ensemble en studio à Hambourg.

C'est à ce moment-là que vous vous êtes retrouvés à quatre.
Georg : Tout à fait, nous sommes entrés dans le processus de création et avons en quelque sorte raffiné les choses.
Tom : Je leur avais quand même déjà envoyé les chansons avant.
Bill : Nous sommes évidemment toujours en contact.

Comme vous l'avez déjà dit, « Stormy Weather » était la première des nouvelles chansons que vous avez écrites, elle a donc déjà quelques années. Je trouve cela intéressant, parce qu'on entend qu'elle se rapproche encore de l'album « Humanoid », du point de vue stylistique ; davantage que les chansons suivantes.
Bill : Oui, c'était comme un voyage à partir de là. C'était la fondation à partir de laquelle nous avons décidé d'avancer et d'évoluer. À un moment, je me suis dit « woah, c'est quand même très extrême et grossier », et nous avons alors décidé de faire aussi une ballade, uniquement au piano. Pour « Run, Run, Run », par exemple, il y a aussi eu une version « dance ». Je trouvais ça bien, ça convenait bien à ce chant lent très spécial, pour lequel j'ai essayé de nouvelles choses, notamment avec la voix de tête. Il existait donc aussi une version différente au niveau de la production, mais finalement nous avons changé d'avis et l'avons laissé simplement comme ça.

Trouvez-vous aussi que le public d'un groupe de rock n'apprécie pas vraiment lorsqu'il s'essaye à des sons plus électroniques ?
Bill : Oui. Je pense que c'est dû au fait que beaucoup de gens qui ne s'y connaissent pas en musique pensent que la musique électronique est plus facile et a moins de valeur. Ce qui est totalement faux.
Tom : C'est d'ailleurs dix fois plus facile pour moi de prendre ma guitare et d'enregistrer directement le son que je veux. Si je veux avoir un riff génial au synthétiseur, je dois y travailler plusieurs semaines. Les gens ont une mauvaise impression de ce travail ; ils pensent que tu branches un clavier, tu enregistres et ça sonne tout de suite bien, parce que ça provient d'un ordinateur. La plupart des gens ne s'occupent pas de ça et ne savent donc pas le travail que cela représente.

Quelle proportion des sons que nous entendons sur l'album vient de vous, et qu'est-ce qui est dû à l'influence de vos producteurs ?
Bill : Une grande partie est de nous. Nous avons fait énormément nous-mêmes, nos producteurs n'ont pas participé à grand-chose. Nous avons par exemple composé « Girl Got A Gun » nous-mêmes du début à la fin.
Tom : Dans la plupart des cas, nous avons donné les chansons lors du processus de mixage final. Les rythmes et sons de base viennent de nous, à 80%. En ce qui concerne les mélodies et l'écriture des paroles, nous avons bien sûr discuté avec d'autres personnes.
Bill : Par exemple, pour la chanson « We Found Us », nous avions fait une première version ; puis un producteur avec lequel nous travaillons depuis longtemps nous a envoyé une ligne au synthétiseur géniale, nous conseillant de l'écouter. Tout se passe en ligne, ils nous envoient ça, nous l'écoutons, et trouvons ça super. Tom y travaille encore un peu, puis nous l'enregistrons dans notre ordinateur. Aujourd'hui, on n'est plus réellement seul dans son studio.

Ce qui semble n'être plus un sujet si important est la question suivante: pourquoi ne chantez-vous plus en allemand ? Lors de votre conférence de presse la semaine passée, j'étais sûr que cela serait une des premières questions, mais ça n'a pas été le cas.
Tom : C'est vrai ! On en parle moins que je ne l'aurais cru. Je pensais qu'on croulerait sous les reproches à ce sujet, mais il a effectivement été évité. (rires) La raison pour laquelle nous avons fait cela, c'est que nous avons cette fois-ci écrit dès le début en anglais, et nous ne voulions plus faire les traductions.
Bill : Pour « Humanoid », nous avons fait exactement le même album en anglais et en allemand. Et c'était vraiment épuisant. Nous l'avons fait uniquement parce que nous pensions devoir le faire. Mais beaucoup a été perdu dans ce processus. Je devais chanter chaque chanson deux fois. Et parfois, tu te dis que la chanson n'est pas si bien en allemand, ou en anglais, mais tu dois quand même le faire. Ce n'est pas très agréable de publier quelque chose dont on pense que ce n'est qu'un compromis et que ça n'a pas été créé comme ça. C'est pour cela que nous avons cette fois-ci dit à notre maison de disque que nous ne voulons faire qu'un album, tel que nous le composons ; et ils ont compris cela.
Tom : Si nous créons à nouveau une chanson en allemand, alors nous la laisserons en allemand.
Bill : Mais nous avons cette fois-ci uniquement écrit en anglais. Il est possible que nous fassions un jour à nouveau une chanson en allemand. Mais nous ne la traduirons pas non plus. (rires)

source: prinz16
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